Devenir gendarme en 2026, c’est choisir un métier de gendarme exigeant, polyvalent et profondément ancré dans le service à la population. Chaque année, plusieurs milliers de candidats tentent d’intégrer la gendarmerie nationale — et la concurrence est réelle.
Mais les voies d’accès sont multiples : concours de sous-officier, recrutement de gendarme adjoint volontaire, concours d’officier, corps de soutien technique. Selon votre diplôme, votre âge et votre projet professionnel, il existe une voie adaptée à votre profil pour devenir gendarme. Ce guide fait le tour complet des conditions, des concours, des épreuves, de la formation et de la première affectation — pour que vous arriviez au concours en sachant exactement à quoi vous attendre.
Les 3 voies pour devenir gendarme dans la gendarmerie nationale
La gendarmerie nationale recrute selon trois grandes voies distinctes, qui correspondent à des niveaux d’études, des statuts et des projets de carrière différents. Avant de vous lancer, identifiez celle qui correspond à votre profil.
| Voie | Profil visé | Diplôme requis | Net annoncé par la gendarmerie en école | Net annoncé par la gendarmerie en sortie d’école |
|---|---|---|---|---|
| Sous-officier de gendarmerie (SOG) | Candidats titulaires du bac, voie principale pour devenir gendarme | Baccalauréat ou titre de niveau 4 du RNCP | 1 635 € net/mois (formation en internat) | 2 145 € net/mois, logement pris en charge |
| Gendarme adjoint volontaire (GAV) | Candidats sans bac ou souhaitant découvrir le métier | Aucun diplôme pour l’APJA ; CAP, BEP ou expérience professionnelle pour l’EP | 970 € net/mois, hébergement compris | 1 205 € net/mois, hébergement de fonction compris |
| Officier de gendarmerie | Titulaires d’un master ou d’un titre de niveau 7 du RNCP | Master ou titre de niveau 7 du RNCP (concours universitaire) | 2 040 € net/mois la 1re année, 2 445 € net/mois la 2e année | non publié |
| Corps de soutien technique et administratif (CSTAGN) | Spécialistes techniques et administratifs | Variable selon la spécialité (CAP à bac+5) | non publié | non publié |
Ces montants sont les nets annoncés par la gendarmerie nationale sur ses pages officielles de recrutement. Ils sont publiés tels quels, sans décomposition en lignes de paie. Le logement est concédé à titre gratuit et il est déjà compris dans ces nets : il ne s’ajoute pas à la rémunération. La mention « non publié » signale que la gendarmerie ne diffuse aucun montant officiel pour cette situation.
Sous-officier de gendarmerie (SOG) — le parcours classique pour devenir gendarme
La voie du sous-officier de gendarmerie est la voie royale pour devenir gendarme. C’est le concours le plus ouvert — accessible à tout titulaire du baccalauréat, toutes séries confondues — et le plus représentatif du métier de gendarme au quotidien. Les sous-officiers représentent environ 84 % des militaires d’active de la gendarmerie nationale, et c’est par ce corps que commence l’immense majorité des carrières dans l’institution.
Devenir sous-officier de gendarmerie passe obligatoirement par la réussite au concours SOG, puis par une formation initiale d’environ un an en école de gendarmerie. À la sortie, le nouveau gendarme est affecté dans une brigade ou une unité selon son classement et les besoins du service. Le salaire d’un gendarme débutant est annoncé par la gendarmerie nationale à 1 635 € nets par mois pendant la formation en école, puis à 2 145 € nets en début de carrière, logement compris. Le métier de gendarme sous-officier est un métier de terrain : patrouilles, enquêtes, sécurité routière, interventions, missions judiciaires — une grande polyvalence dès les premières années.
Gendarme adjoint volontaire (GAV) — sans le bac, adjoint sur le terrain
Le statut de gendarme adjoint volontaire est la voie d’accès sans bac pour rejoindre la gendarmerie nationale. Il existe deux spécialités de gendarme adjoint : le GAV APJA (agent de police judiciaire adjoint, qui effectue des missions de terrain au contact de la population) et le GAV EP (emploi particulier, affecté à des fonctions plus spécialisées). Dans les deux cas, le gendarme adjoint est un militaire à part entière, qui sert sous contrat à côté des gendarmes sous-officiers.
Le métier de gendarme adjoint est une expérience du terrain incomparable : les GAV sont pleinement intégrés dans les unités, accompagnent les gendarmes d’active dans leurs missions quotidiennes et acquièrent une connaissance concrète de la gendarmerie nationale avant d’envisager, s’ils le souhaitent, de présenter le concours SOG pour devenir sous-officier. Beaucoup de gendarmes d’active ont débuté comme gendarmes adjoints — c’est une passerelle reconnue et valorisée.
Officier de gendarmerie — pour les diplômés de l’enseignement supérieur
Pour devenir officier de gendarmerie, plusieurs voies sont possibles selon le profil : le concours universitaire, ouvert aux titulaires d’un master ou d’un titre de niveau 7 du RNCP, le concours sur titres, le concours réservé aux fonctionnaires de catégorie A, le concours ouvert aux officiers des autres armées, ou le concours interne pour les sous-officiers de gendarmerie expérimentés souhaitant changer de corps. La formation se déroule à l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (AMGN, ex-EOGN) de Melun. Les officiers assurent des fonctions de commandement : commandement de brigade, de compagnie, d’escadron de gendarmerie mobile, et fonctions d’état-major.

Les conditions communes pour devenir gendarme
Quelle que soit la voie choisie pour rejoindre la gendarmerie nationale, un socle de conditions communes s’applique à tous les candidats. Ces conditions sont fixées par le statut général des militaires et le règlement de recrutement de la gendarmerie.
Nationalité et âge
| Critère | Condition (concours SOG) | Condition (GAV) | Condition (officier EOGN) |
|---|---|---|---|
| Nationalité | Française obligatoire | Française obligatoire | Française obligatoire |
| Âge minimum | 17 ans au 1er janvier de l’année du concours | 17 ans | Variable selon la voie |
| Âge maximum | 35 ans au 1er janvier de l’année du concours | Variable | Variable selon la voie |
Conditions physiques et médicales
Tous les candidats qui souhaitent devenir gendarme doivent satisfaire aux conditions médicales d’aptitude définies par la réglementation militaire — le référentiel SIGYCOP. Ce système de cotation médicale, défini par l’arrêté du 8 juin 2021, évalue sept critères : ceinture scapulaire et membres supérieurs (S), ceinture pelvienne et membres inférieurs (I), état général (G), yeux et vision (Y), sens chromatique (C), oreilles et audition (O), psychisme (P). Des exigences minimales sont fixées selon la voie et les missions visées.
En dehors des conditions médicales, une épreuve sportive figure au programme des concours de sous-officier et d’officier ; la sélection des gendarmes adjoints volontaires, elle, ne comporte pas d’épreuve sportive. Le niveau physique requis pour devenir gendarme est réel — pas exceptionnel, mais suffisant pour accomplir les missions de terrain de façon sûre et efficace. Une préparation physique sérieuse dans les mois précédant le concours est fortement recommandée à tous les candidats.
Enquête administrative et moralité
Le recrutement est subordonné à une enquête administrative de sécurité, fondée sur les articles L. 114-1 et L. 234-1 du code de la sécurité intérieure. Le critère officiel n’est pas l’absence formelle de mention au bulletin n° 2 du casier judiciaire, mais la compatibilité du comportement et de la moralité du candidat avec les fonctions visées. La réputation et le comportement antérieur du candidat font partie des éléments évalués lors de la sélection — notamment lors de l’entretien de motivation.
Le concours de sous-officier de gendarmerie (SOG) : tout savoir
Le concours SOG est le passage obligé pour devenir gendarme sous-officier. C’est un concours national : sous réserve des impératifs de gestion, jusqu’à deux sessions peuvent être programmées chaque année, en mars et en septembre. Chaque année, plusieurs milliers de candidats se présentent au concours pour un nombre de places ouvertes bien inférieur — la sélection est sévère, le niveau des épreuves exigeant, et la préparation est indispensable pour maximiser ses chances de réussite.
L’épreuve écrite du concours SOG
| Épreuve | Contenu | Durée | Coefficient |
|---|---|---|---|
| Raisonnement logique | Tests d’aptitude cognitive, séries logiques, matrices | 1h | Variable |
| Compréhension de texte / culture générale | Texte à analyser, questions de compréhension, culture générale | 1h30 | Variable |
| Expression écrite | Rédaction structurée sur un sujet d’actualité ou de société | 1h | Variable |
Les épreuves orales, sportives et psychotechniques
Après la réussite aux épreuves écrites, les candidats admissibles sont convoqués pour les épreuves d’admission. Cette phase de sélection comprend :
| Épreuve | Contenu et objectif |
|---|---|
| Tests psychotechniques | Évaluation de la personnalité, des aptitudes cognitives et de la stabilité émotionnelle des candidats |
| Entretien de motivation | Présentation du parcours, motivations à devenir gendarme, connaissance de la gendarmerie nationale et du métier de gendarme |
| Épreuves sportives | Course à pied, tractions, pompes, abdominaux — barèmes selon l’âge et le sexe |
| Visite médicale d’aptitude | Contrôle des conditions médicales SIGYCOP — éliminatoire si non satisfaites |
L’entretien avec le jury est souvent l’épreuve la plus redoutée par les candidats, et pourtant l’une des plus décisives. Connaître parfaitement les missions de la gendarmerie nationale, le métier de gendarme, les différentes unités (brigade territoriale, gendarmerie mobile, PSIG, GIGN…) et avoir un projet professionnel cohérent sont des atouts déterminants pour convaincre le jury.
Dates et inscription au concours SOG
Le concours SOG est organisé jusqu’à deux fois par an, en mars et en septembre. Les inscriptions se font en ligne sur l’espace candidat officiel de la gendarmerie (espacecandidat.gendarmerie.interieur.gouv.fr), ou en centre de recrutement à défaut d’accès internet. Elles sont ouvertes de septembre à décembre pour la session de mars, et de février à juin pour la session de septembre ; les dates exactes sont fixées chaque session par l’arrêté d’ouverture.
Devenir gendarme adjoint volontaire (GAV) : le parcours sans bac
Le gendarme adjoint volontaire est une voie d’accès à la gendarmerie nationale qui ne nécessite pas le baccalauréat. C’est une opportunité réelle pour les candidats qui souhaitent intégrer la gendarmerie rapidement, y compris dès 17 ans, et découvrir le métier de gendarme de l’intérieur avant d’envisager une carrière longue comme sous-officier.
Le recrutement de gendarme adjoint n’est pas un concours : il se fait au fil de l’eau, sur dossier et sur sélection. Celle-ci comprend environ deux heures de tests sur ordinateur (inventaire de personnalité, complété par des tests de langue française et de compréhension de texte pour les seuls candidats APJA), un entretien avec un référent recrutement et une visite d’expertise médicale réalisée par un médecin militaire. Une fois incorporé, le gendarme adjoint suit une formation initiale bien plus courte que celle du SOG : 13 semaines en école pour le GAV APJA, 3 semaines pour le GAV EP, avant de rejoindre son unité d’affectation.
| Spécialité GAV | Appellation | Missions principales |
|---|---|---|
| GAV APJA | Gendarme adjoint APJA (agent de police judiciaire adjoint) | Missions de terrain, patrouilles, appui judiciaire, sécurité routière, police judiciaire adjoint en brigade |
| GAV EP | Gendarme adjoint EP (emploi particulier) | Missions spécialisées selon l’affectation : soutien technique, administration, logistique, garde républicaine, gendarmerie mobile en appui |
La distinction entre GAV APJA et GAV EP reflète des missions différentes dans la gendarmerie nationale. Le GAV APJA est l’adjoint sur le terrain par excellence : il accompagne les gendarmes dans leurs patrouilles, participe aux contrôles routiers, prend en charge les biens et les personnes lors des interventions. Le GAV EP occupe des postes plus variés, parfois moins exposés au terrain direct, mais tout aussi utiles au fonctionnement de la gendarmerie.
Pour les candidats sans bac qui souhaitent devenir gendarme sous-officier à terme, le statut de GAV est le meilleur tremplin possible. Les anciens gendarmes adjoints qui réussissent le concours SOG bénéficient d’une reprise d’ancienneté partielle et arrivent en formation avec une expérience du terrain qui leur permet de se distinguer des candidats civils sans expérience.
Devenir officier de gendarmerie : les voies d’accès
Pour devenir officier de gendarmerie, les voies d’accès varient selon le profil du candidat. Les principales sont les suivantes :
| Voie d’accès officier | Conditions | Formation |
|---|---|---|
| Concours EOGN (recrutement direct) | Titulaires d’un bac+3 minimum (licence) — concours externe national | 2 ans à l’EOGN de Melun |
| Saint-Cyr (ESM) | Concours d’entrée à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr — très sélectif | 3 ans à Saint-Cyr + spécialisation gendarmerie |
| Concours interne (officier de rang) | Sous-officier de gendarmerie en activité avec ancienneté suffisante | Formation spécifique — durée variable |
| Officier de réserve (ORG) | Civil ou ancien militaire souhaitant s’engager dans la réserve comme officier | Formation réserviste adaptée |
Devenir officier de gendarmerie par la voie interne — le concours interne — est l’une des perspectives les plus valorisantes pour un sous-officier expérimenté. Ce concours récompense les gendarmes qui ont démontré leur valeur sur le terrain et qui souhaitent accéder à des responsabilités de commandement plus larges. Pour les candidats extérieurs, le concours universitaire est la voie standard : il est accessible aux titulaires d’un master ou d’un titre de niveau 7 du RNCP, sans condition de spécialité particulière, le diplôme devant être détenu au plus tard le jour de l’intégration en école.

La formation en école de gendarmerie
Durée et programme de la formation initiale
La formation initiale des sous-officiers de gendarmerie dure environ 12 mois — c’est la durée standard pour les candidats reçus au concours SOG. Cette formation est dispensée dans l’une des six écoles de gendarmerie qui forment les sous-officiers (Châteaulin, Chaumont, Dijon, Montluçon, Rochefort et Tulle) et alterne enseignements théoriques et stages pratiques en unité. Le programme couvre l’ensemble des domaines du métier de gendarme : droit, procédure pénale, techniques d’intervention professionnelle, armement, secourisme, sport, commandement, éthique.
Pendant les mois en école, les élèves gendarmes perçoivent leur solde militaire — ils sont déjà militaires à part entière dès leur incorporation. La discipline est stricte, les journées sont intenses, et l’esprit de corps se forge au fil des semaines. C’est aussi pendant la formation que les futurs gendarmes commencent à développer leurs compétences judiciaires, notamment à travers l’étude du code de procédure pénale et les exercices pratiques.
Les écoles de gendarmerie en France
| École | Localisation | Spécialité principale |
|---|---|---|
| École de Montluçon (ENSOA-G) | Montluçon, Allier (03) | Formation des sous-officiers de gendarmerie (SOG) — école principale |
| École de Rochefort | Rochefort, Charente-Maritime (17) | Formation des sous-officiers — spécialités gendarmerie maritime et police judiciaire |
| École de Chaumont | Chaumont, Haute-Marne (52) | Formation des sous-officiers et certaines spécialités |
| École de Tulle (EOGN) | Tulle, Corrèze (19) | Formation des officiers de gendarmerie — EOGN |
| École de Melun (EOGN) | Melun, Seine-et-Marne (77) | École des officiers de gendarmerie nationale — siège principal |


Après l’école : la première affectation et le début du métier
À la sortie de l’école de gendarmerie, le nouveau sous-officier ou officier est affecté dans une unité selon son classement au concours et les besoins du service. Les premiers postes sont généralement dans une brigade territoriale de gendarmerie départementale — le coeur du métier de gendarme — où le jeune militaire est plongé directement dans les missions quotidiennes de sécurité publique, de police judiciaire et de sécurité routière.
La première affectation n’est pas toujours choisie : c’est l’administration qui décide selon les postes disponibles et le classement. Mais plus le gendarme est bien classé au concours, plus il dispose de latitude pour exprimer des vœux. Par la suite, des demandes de mutation permettent de se rapprocher d’une zone géographique ou d’une spécialité visée.
Les premières années dans le métier sont déterminantes. C’est pendant cette période que le jeune gendarme développe ses compétences, construit son réseau au sein de la gendarmerie nationale, et commence à cibler les spécialités qui l’attirent : PSIG, gendarmerie mobile, sections de recherches, gendarmerie montagne, unité maître-chien, garde républicaine, ou autres. La gendarmerie offre une diversité de carrière qu’il est difficile d’égaler dans d’autres corps de la fonction publique.

