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Gendarme réserviste : le guide complet pour rejoindre la réserve

Gendarme réserviste : le guide complet pour rejoindre la réserve

Sommaire

Devenir gendarme réserviste, c'est s'engager concrètement pour la sécurité publique sans renoncer à sa vie professionnelle civile. En 2026, la gendarmerie nationale compte entre 25 000 et 30 000 réservistes opérationnels, civils ou anciens militaires qui consacrent une partie de leur temps à des missions de terrain aux côtés des gendarmes d'active. Ce statut méconnu est pourtant l'un des plus accessibles pour participer à la défense et à la sécurité du territoire français.

Qui peut devenir gendarme réserviste ? Faut-il un diplôme ? Quelles missions sont confiées aux réservistes ? Comment postuler, et combien sont-ils rémunérés ? Ce guide répond à toutes vos questions sur la réserve opérationnelle de la gendarmerie nationale — avec des réponses concrètes pour chaque étape du parcours, de la candidature à la première mission sur le terrain.

Qu'est-ce qu'un gendarme réserviste ?

Un gendarme réserviste est un citoyen — civil ou ancien militaire — qui s'engage volontairement à servir dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie nationale pour une durée déterminée. Ce statut est régi par le Code de la défense et le statut général des militaires : le réserviste est un militaire à part entière pendant ses périodes de service actif dans la réserve, avec les droits et obligations qui en découlent.

La réserve de la gendarmerie nationale s'inscrit dans un cadre légal précis : l'Engagement à Servir dans la Réserve (ESR), contrat signé entre le réserviste et la gendarmerie nationale, qui définit la durée d'engagement, le nombre de jours de service annuels, le grade et les missions. Les réservistes de la gendarmerie portent l'uniforme, disposent d'une carte professionnelle militaire et sont soumis à la même discipline que les gendarmes d'active pendant leurs périodes d'activité.

Réserve opérationnelle de 1er et 2e niveau

La réserve opérationnelle de la gendarmerie se divise en deux niveaux distincts, qui correspondent à des degrés d'implication différents :

Niveau Profil Engagement Missions
Réserve opérationnelle de 1er niveau (RO1) Civils volontaires et anciens militaires — contrat ESR Jusqu'à 150 jours/an Missions de terrain aux côtés des gendarmes d'active : patrouilles, sécurisation, renfort brigades
Réserve opérationnelle de 2e niveau (RO2) Gendarmes d'active radiés depuis moins de 5 ans Rappel possible par décret — obligation de servir Renfort en cas de crise nationale ou de mobilisation

La grande majorité des réservistes actifs relèvent du 1er niveau — c'est le statut visé par toute personne qui souhaite volontairement rejoindre la réserve de la gendarmerie nationale. Le 2e niveau est une obligation légale pour les anciens gendarmes récemment radiés des cadres, sans démarche volontaire spécifique à effectuer.

Il existe également une réserve citoyenne, distincte de la réserve opérationnelle : les réservistes citoyens ne sont pas militaires, n'effectuent pas de missions opérationnelles et ne portent pas l'uniforme. Leur rôle est de soutenir les actions de communication, de recrutement et de rayonnement de la gendarmerie nationale dans la société civile. Ce guide se concentre sur la réserve opérationnelle, qui est la voie principale pour servir concrètement dans la gendarmerie.

Pourquoi devenir un gendarme réserviste ?

Les missions confiées aux réservistes de la gendarmerie

Les missions confiées aux réservistes de la gendarmerie nationale sont concrètes et variées. Loin du simple rôle d'observateur, le gendarme réserviste est intégré dans les unités d'active et participe aux mêmes missions que ses homologues d'active — dans les limites de sa formation et de son habilitation.

Deux gendarmes en patrouille à pied dans une rue de village français avec véhicule de gendarmerie en arrière-plan

Dans les brigades territoriales, les réservistes renforcent les effectifs lors des périodes de tension : fêtes nationales, événements locaux, vacances scolaires ou crises de sécurité publique. Ils effectuent des patrouilles, participent aux interventions sur accident de la route, assurent des permanences et soutiennent les gendarmes d'active dans leurs missions quotidiennes de service à la population.

En dehors des brigades, les réservistes peuvent être mobilisés pour des missions spécifiques : sécurisation des grands événements (Tour de France, rencontres sportives, sommets internationaux), renforts lors d'opérations plan Vigipirate, ou déploiements en outre-mer dans le cadre d'opérations de sécurisation ponctuelles.

Type de mission Contexte Fréquence
Renfort de brigade territoriale Périodes de tension, vacances, absences Régulière — selon les besoins du groupement
Patrouilles de sécurisation Zones rurales et périurbaines, sécurité routière Fréquente lors des périodes d'engagement
Grands événements Tour de France, Jeux, Coupe du monde, sommets Ponctuelle — convocations spécifiques
Plan Vigipirate / sécurité nationale Rehaussement du niveau de menace terroriste Selon le niveau de l'alerte nationale
Services d'ordre Manifestations, cérémonies officielles Selon les besoins locaux
Missions de prévention Interventions en milieu scolaire, sensibilisation Selon les opportunités et compétences du réserviste

Combiner vie civile et engagement militaire

L'un des atouts majeurs du statut de gendarme réserviste est sa compatibilité avec une vie professionnelle civile normale. La loi oblige l'employeur à accorder à un salarié réserviste cinq jours de congé annuels au titre de la réserve — sans que cela réduise ses congés payés. Au-delà de ces cinq jours, l'employeur peut conventionnellement accorder davantage, sans obligation légale. Les fonctionnaires bénéficient quant à eux d'un régime plus favorable, avec des autorisations d'absence pouvant aller jusqu'à 30 jours par an dans certains corps.

Le réserviste dont l'employeur accepte une disponibilité plus large peut effectuer jusqu'à 150 jours de service dans la réserve par an — ce qui représente un engagement substantiel, presque équivalent à un mi-temps. En pratique, la plupart des gendarmes réservistes effectuent entre 15 et 40 jours par an, en cumulant leurs congés légaux, leurs week-ends et les jours accordés par leur employeur.

Conditions pour devenir un gendarme réserviste

Le recrutement dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie nationale est ouvert à un large public, avec des conditions d'accès moins restrictives que pour l'active. Voici les conditions applicables pour intégrer la réserve en 2026.

Âge, nationalité et aptitude physique

Critère Condition requise
Nationalité Française
Âge minimum 17 ans (avec autorisation parentale pour les mineurs)
Âge maximum Variable selon le grade — généralement jusqu'à 70 ans pour les réservistes
Aptitude physique Satisfaire aux conditions médicales SIGYCOP de la gendarmerie nationale
Casier judiciaire Bulletin n°2 vierge
Droits civiques Jouissance pleine et entière des droits civiques

Avec ou sans expérience militaire

L'une des grandes spécificités de la réserve de la gendarmerie nationale est qu'elle est accessible sans expérience militaire préalable. Un civil sans aucun passé militaire peut candidater à la réserve opérationnelle et suivre la Préparation Militaire Gendarmerie (PMG) pour acquérir les bases nécessaires à ses missions. En revanche, les anciens militaires — qu'ils soient d'anciens gendarmes, d'anciens policiers ou d'anciens membres des forces armées — bénéficient d'une intégration facilitée, avec une formation initiale allégée ou supprimée selon leur expérience.

Un diplôme n'est pas non plus une condition obligatoire pour devenir réserviste opérationnel. En revanche, certaines spécialités ou fonctions au sein de la réserve peuvent requérir des qualifications particulières — informatique, droit, médecine, ou expertise technique — qui valorisent les compétences civiles du réserviste au service de la gendarmerie nationale.

Le parcours pour devenir réserviste

Candidature et constitution du dossier

La première étape pour devenir gendarme réserviste est de prendre contact avec le groupement de gendarmerie départementale de votre département — ou, de plus en plus, de déposer une candidature en ligne via le site officiel lagendarmerierecrute.fr. La cellule recrutement du groupement prend en charge le dossier et organise un premier rendez-vous d'information.

Le dossier de candidature comprend généralement : une lettre de motivation, un curriculum vitae, une photocopie de la carte nationale d'identité, un extrait de casier judiciaire (bulletin n°2) et les justificatifs de diplôme ou d'expérience le cas échéant. Des formulaires spécifiques peuvent être demandés selon le groupement.

La Préparation Militaire Gendarmerie (PMG)

La Préparation Militaire Gendarmerie, dite PMG, est la formation initiale obligatoire pour les candidats à la réserve opérationnelle sans expérience militaire préalable. D'une durée d'environ trois semaines (soit 15 à 21 jours selon les sessions), la PMG se déroule généralement en école de gendarmerie ou dans une unité désignée. Elle est organisée sur des périodes regroupées — souvent pendant les congés scolaires ou en fin de semaine — pour permettre aux candidats de concilier cette formation avec leur emploi civil.

Le contenu de la PMG couvre les fondamentaux du statut militaire, les techniques d'intervention, le secourisme, l'armement réglementaire, le code de procédure pénale applicable aux réservistes, et l'organisation de la gendarmerie nationale. À l'issue de la PMG, les candidats passent des épreuves de validation (physiques et théoriques). En cas de réussite, ils signent leur ESR et sont incorporés dans une unité de gendarmerie.

Étape Durée Contenu
Dossier de candidature Quelques semaines Constitution du dossier, vérifications administratives
Entretien de motivation 1 jour Évaluation des motivations, aptitudes et projet du candidat
Tests physiques de présélection 1 demi-journée Épreuves sportives (course, tractions, pompes)
Préparation Militaire Gendarmerie (PMG) ~15 à 21 jours Formation initiale militaire, techniques d'intervention, droit, armement
Épreuves de fin de PMG 1 à 2 jours Tests physiques et épreuves théoriques de validation
Signature du contrat ESR 1 jour Engagement à Servir dans la Réserve — durée et grade définis
Affectation en unité Dès le mois suivant Intégration dans une brigade ou unité de gendarmerie du groupement

L'Engagement à Servir dans la Réserve (ESR)

Le contrat ESR est le document fondateur du statut de gendarme réserviste. Il est signé entre le réserviste et la gendarmerie nationale pour une durée initiale d'un an, renouvelable. Il précise le grade du réserviste, le nombre maximum de jours de service par an, l'unité d'affectation et les missions autorisées. La durée maximale de service annuelle est de 150 jours pour un réserviste opérationnel de 1er niveau.

Le grade attribué lors de la signature de l'ESR dépend du profil du réserviste : un civil sans expérience commence généralement au grade de gendarme adjoint de réserve ou de gendarme de réserve selon sa formation. Un sous-officier de réserve issu d'un autre corps militaire peut être classé à un grade équivalent. Les anciens gendarmes d'active conservent généralement leur grade ou sont reclassés au grade immédiatement inférieur selon leur ancienneté.

Véhicules de gendarmerie Iveco bleus stationnés dans une rue française lors d'un exercice de formation PMG

Salaire et indemnités du réserviste

La question du salaire est souvent la première que se posent les candidats à la réserve. La réponse courte : le réserviste perçoit une solde journalière pendant ses périodes de service actif dans la gendarmerie nationale — pas un salaire mensuel. Cette solde est calculée sur la grille indiciaire militaire applicable au grade du réserviste, divisée par 30 pour obtenir la valeur journalière.

Grade de réserve Solde journalière brute estimée Pour 20 jours/an (brut est.) Pour 40 jours/an (brut est.)
Gendarme adjoint de réserve ~50–60 €/jour ~1 000–1 200 € ~2 000–2 400 €
Gendarme de réserve ~60–70 €/jour ~1 200–1 400 € ~2 400–2 800 €
Sous-officier réserviste (MDL, MDL-chef) ~70–90 €/jour ~1 400–1 800 € ~2 800–3 600 €
Officier réserviste (lieutenant) ~90–120 €/jour ~1 800–2 400 € ~3 600–4 800 €

À cette solde journalière s'ajoutent des indemnités de déplacement et de restauration lorsque le réserviste est convoqué hors de sa résidence habituelle ou de son lieu de travail habituel. Ces indemnités couvrent les frais de transport et de repas selon les barèmes militaires en vigueur.

Sur le plan fiscal, la solde perçue par un gendarme réserviste est imposable à l'impôt sur le revenu, comme tout revenu d'activité. Une exonération partielle peut s'appliquer dans certains cas (missions à l'étranger, OPEX) — mais pour la grande majorité des réservistes effectuant des missions en France, la solde est soumise à l'IR dans les conditions normales.

Le quotidien du gendarme réserviste

Fréquence des convocations et organisation

Une fois son ESR signé et son affectation en unité confirmée, le gendarme réserviste reçoit des convocations de la part de son unité de rattachement — généralement la brigade ou la compagnie de son groupement de gendarmerie départementale. La fréquence de ces convocations dépend des besoins du service et du nombre de jours prévus au contrat ESR.

En pratique, les convocations sont planifiées à l'avance et communiquées par la cellule ressources humaines du groupement, permettant au réserviste de s'organiser avec son employeur. Les réservistes les plus impliqués participent aussi à des entraînements collectifs, des stages de maintien des compétences et des exercices organisés par le groupement.

Droits et obligations du réserviste

Le gendarme réserviste est soumis, pendant ses périodes de service actif, aux mêmes obligations que les gendarmes d'active : port de l'uniforme, respect de la hiérarchie militaire, discipline militaire, confidentialité des informations. Les questions que se posent les candidats sur ce point méritent des réponses claires : oui, le réserviste est bien un militaire à part entière pendant ses périodes d'activité, avec les contraintes que cela implique. Il dispose également des mêmes droits : protection juridique, couverture en cas d'accident de service, accès aux services médicaux militaires pour les affections survenues en service.

Hors période de service, le réserviste retrouve intégralement son statut civil. Il n'est soumis à aucune obligation particulière vis-à-vis de la gendarmerie, sauf en cas de déclenchement du plan de montée en puissance pour les réservistes de 2e niveau.

Trois gendarmes en gilets haute visibilité jaunes surveillant une route dans un environnement boisé lors d'un contrôle routier

Compatibilité avec l'emploi civil

La compatibilité entre le statut de gendarme réserviste et un emploi civil est au cœur du dispositif. La loi garantit au réserviste salarié un droit à congé de 5 jours par an pour ses activités de réserve, sans impact sur ses congés payés. Au-delà, une convention entre la gendarmerie nationale et l'employeur peut organiser une disponibilité plus large — jusqu'à 150 jours selon les accords. De nombreuses grandes entreprises et administrations publiques ont signé des conventions de soutien à la réserve, reconnaissant officiellement la valeur ajoutée que représentent les compétences acquises dans la réserve de la gendarmerie nationale.