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Gendarme hélicoptère : pilote et mécanicien de bord en gendarmerie

Gendarme hélicoptère : missions des FAGN, secours en montagne, voies pilote et mécanicien de bord, flotte EC145 et H160, quotidien en base aérienne.

Hélicoptère de la gendarmerie nationale survolant une forêt de montagne devant un massif rocheux enneigé.

Gendarme hélicoptère : pilote et mécanicien de bord en gendarmerie

Survoler les massifs alpins pour secourir un randonneur perdu, filer un véhicule suspect sur l’autoroute depuis deux cents mètres d’altitude, projeter un groupe d’intervention en temps record sur une crise : les Forces Aériennes de la Gendarmerie Nationale (FAGN) font partie des composantes les plus méconnues — et les plus polyvalentes — de la gendarmerie. Deux métiers distincts y coexistent : le pilote et le mécanicien de bord. Le premier est aux commandes. Le second est indispensable. Ce guide présente ces deux voies, leurs missions, leurs contraintes et ce qu’implique concrètement d’exercer dans l’aérien de la gendarmerie.

 

Le métier de gendarme au quotidienMissions, brigades, effectifs, différences avec la police : la réalité du terrain avant de viser une unité.

Hélicoptère de la gendarmerie réalisant un treuillage de secours en haute montagne avec le mécanicien de bord.

Missions des Forces Aériennes de la Gendarmerie

Les FAGN sont structurées autour de détachements aériens et de bases implantées sur l’ensemble du territoire national — métropole et outre-mer. Chaque base dispose d’un ou plusieurs appareils et d’équipages permanents. L’hélicoptère de gendarmerie est un outil polyvalent de sécurité publique, mobilisable à toute heure du jour et de la nuit.

Surveillance aérienne et appui aux forces au sol

La mission la plus courante des hélicoptères de la gendarmerie est la surveillance aérienne : filature de véhicules suspects, observation de rassemblements, couverture d’opérations de maintien de l’ordre ou d’interpellations. Depuis les airs, l’équipage offre aux forces au sol une vision globale et en temps réel que aucun moyen terrestre ne peut fournir. Il guide les patrouilles, signale les mouvements suspects, identifie les points de fuite.

En matière de lutte contre la délinquance et le banditisme, l’hélicoptère est engagé sur des filatures longue durée, des surveillances de sites sensibles ou des couvertures aériennes lors d’interpellations simultanées coordonnées. Il est également mobilisé en appui du GIGN ou du PSIG lors d’opérations de crise nécessitant une projection rapide.

Secours en montagne et recherche de personnes

C’est la mission la plus visible du grand public. Les hélicoptères de la gendarmerie interviennent régulièrement en secours en montagne — dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif Central — pour évacuer des blessés, rechercher des personnes disparues ou ravitailler des équipes de secours terrestres. La base de Chamonix-Mont-Blanc est l’une des plus actives d’Europe dans ce domaine.

Les missions de recherche et de sauvetage (SAR) s’étendent également au milieu maritime en zone côtière, aux zones forestières lors de feux ou d’accidents, et aux situations de catastrophe naturelle. L’équipage travaille en coordination étroite avec les services de secours civils (SAMU, pompiers, pelotons de gendarmerie de haute montagne).

Missions spécialisées : contre-terrorisme et OPEX

Les FAGN participent également à des missions plus sensibles : projection rapide d’équipes d’intervention (GIGN, antennes GIGN) sur des crises, appui aérien lors d’opérations anti-terroristes, surveillance de frontières et de zones sensibles. À l’international, des hélicoptères et équipages de la gendarmerie peuvent être déployés dans le cadre d’opérations extérieures sous mandat international

📋 À retenir — Les missions des FAGN
• Surveillance aérienne et appui aux forces au sol lors d’opérations
• Secours en montagne, recherche de personnes disparues (SAR)
Projection d’équipes d’intervention (GIGN, PSIG) sur des crises
• Lutte contre la délinquance : filatures et couvertures aériennes
• Missions spécialisées en outre-mer et à l’étranger (OPEX)
Le métier de gendarme au quotidienMissions, brigades, effectifs, différences avec la police : la réalité du terrain avant de viser une unité.

Comment intégrer les Forces Aériennes de la Gendarmerie

Pilote d'hélicoptère militaire en tenue de vol manipulant les instruments du cockpit lors d'une mission aérienne.
Deux voies distinctes mènent aux FAGN : devenir pilote ou devenir mécanicien de bord. Ces deux métiers ont des conditions d’accès, des formations et des rôles très différents. L’une comme l’autre requiert d’abord d’être sous-officier de gendarmerie en activité.

Devenir pilote d’hélicoptère en gendarmerie

La voie vers le pilotage en gendarmerie est exigeante et sélective. Elle passe par le Service d’Aviation Générale (SAG) et une formation longue en école de pilotage militaire ou civile reconnue par la gendarmerie.

Étape Contenu
Conditions préalables Être sous-officier de gendarmerie en activité, aptitude médicale aéronautique de classe 2 minimum, avoir satisfait aux tests de sélection psychotechniques et de coordination
Sélection Dossier de candidature + tests psychomoteurs spécifiques au pilotage + entretien de motivation
Formation au pilotage Formation initiale en école de pilotage (durée variable selon le cursus retenu) menant à la licence de pilote professionnel ou militaire
Qualification hélicoptère Qualification sur les appareils de la flotte FAGN (EC145, H160…) en unité
Affectation Affectation sur une base aérienne de la gendarmerie selon les besoins du service

Notez que certains gendarmes sont également formés au pilotage par des voies civiles avant leur candidature interne — mais la procédure officielle reste la voie de référence.

Devenir mécanicien de bord

Le mécanicien de bord — parfois appelé opérateur de bord selon les contextes — est le second membre permanent de l’équipage. Il n’est pas aux commandes, mais son rôle est absolument central. C’est lui qui gère les systèmes embarqués, opère les treuils de secours, guide le pilote lors des manœuvres délicates (hélitreuillage, poser en altitude), prend en charge les victimes et coordonne les communications avec les forces au sol.

L’accès au poste de mécanicien de bord requiert d’être sous-officier de gendarmerie, d’avoir une aptitude médicale aéronautique, et de suivre une formation spécifique de mécanicien navigant. Des compétences en mécanique aéronautique ou en secourisme de haut niveau sont fortement valorisées

Les appareils de la flotte FAGN

La flotte des Forces Aériennes de la Gendarmerie est composée principalement d’hélicoptères de construction Airbus Helicopters, dont le siège est à Marignane (Bouches-du-Rhône). Les appareils actuellement en service incluent :

EC145 (H145) : birotor léger polyvalent, l’appareil le plus répandu dans la flotte. Utilisé pour la surveillance, le secours en montagne et les missions de police générale. Reconnaissable à sa livrée bleu foncé et blanc aux couleurs de la gendarmerie.

H160 : nouvel hélicoptère moyen de dernière génération, en cours de livraison progressive à la gendarmerie pour renouveler une partie de la flotte. Meilleure autonomie, cabine plus large, systèmes d’observation plus performants.

AS350 Écureuil : monomoteur léger utilisé notamment en montagne pour sa maniabilité et ses capacités en haute altitude. Particulièrement adapté aux missions alpines.

Vue aérienne de deux hélisurfaces et d'un hangar pour hélicoptères sur une base aérienne entourée de verdure.

Quotidien dans les Forces Aériennes de la Gendarmerie

Le quotidien d’un équipage FAGN est structuré par l’astreinte opérationnelle. Selon les bases, les équipages sont en garde permanente — disponibles en quelques minutes pour décoller sur une urgence. Les missions ne se planifient pas toutes : une alerte secours en montagne ou une filature urgente s’intercalent dans le planning habituel.

Une journée type mêle vols d’entraînement obligatoires (maintien de la qualification, entraînement aux procédures d’urgence), missions opérationnelles programmées (surveillance d’un événement, patrouille de frontière) et périodes d’astreinte. La maintenance de l’appareil est assurée par les mécaniciens de la base — le mécanicien de bord participe aux vérifications pré-vol mais ne réalise pas la maintenance lourde.

La vie en base aérienne de gendarmerie est plus sédentaire que celle d’un gendarme mobile, mais peut impliquer des déplacements lors de projections — une base du Sud-Ouest peut être mobilisée pour un événement dans une autre région si les besoins l’exigent. Les équipages affectés en outre-mer connaissent un tempo opérationnel spécifique, souvent plus intense, avec des missions de surveillance maritime et de secours en mer.

L’ambiance dans les bases FAGN est souvent décrite comme particulièrement soudée. La petite taille des équipages — deux à trois personnes par appareil — crée une cohésion très forte entre pilote et mécanicien de bord. Ils passent des heures en vol ensemble, gèrent des situations d’urgence réelles et font confiance à leur équipier de façon absolue.

 

💡 Bon à savoir — Carrière après les FAGN
Servir dans les Forces Aériennes de la Gendarmerie est une spécialisation reconnue et valorisée dans un dossier. Les pilotes expérimentés peuvent évoluer vers des postes de commandement de base aérienne ou vers des fonctions d’instruction. Les mécaniciens de bord peuvent quant à eux se reconvertir vers des postes techniques spécialisés au sein de la gendarmerie ou, en fin de carrière, vers l’aviation civile — la licence obtenue en gendarmerie étant reconnue par l’aviation civile.

Salaire d’un gendarme dans les forces aériennes

Un gendarme affecté aux FAGN perçoit la solde de son grade de sous-officier, calculée sur la même grille indiciaire que l’ensemble des sous-officiers de la gendarmerie nationale. Il n’existe pas de grille spécifique aux personnels aériens. Des indemnités liées au service aéronautique s’ajoutent à cette solde, en reconnaissance des risques et des contraintes spécifiques du vol.

Composante de rémunération Situation aux FAGN
Solde indiciaire de base Identique à tout sous-officier de même grade et échelon
ISSP Oui — prise en compte dans le calcul de la retraite
Indemnité pour services aériens Versée aux personnels navigants (pilotes et mécaniciens de bord). Elle peut représenter jusqu’à 25 % de la solde de base pour certains personnels, selon des décrets révisés.
Prime de qualification pilote Elle est soumise à des contrôles annuels d’entraînement, avec un versement potentiel de 1/30 de 515 € par jour de service pour certains niveaux
Indemnités de déplacement Versées lors des projections hors base et des missions extérieures
Logement Caserne ou logement local selon la base d’affectation

L’indemnité pour services aériens est la principale différence de rémunération avec un sous-officier de même grade en brigade. Elle est conditionnée au maintien de la qualification navigant — une inaptitude médicale permanente entraîne la perte de cette indemnité et une réaffectation hors FAGN. Pour la grille complète des sous-officiers, consultez notre guide sur le salaire des gendarmes.

 

Vous souhaitez rejoindre la gendarmerie nationale ? La première étape : le concours de sous-officier. Épreuves et calendrier sur [concoursgendarme.fr] (lien CTA à insérer)

 

Gros plan sur la turbine d'un hélicoptère EC145 de la gendarmerie nationale lors d'une opération de maintenance.

FAQ — Questions fréquentes sur le gendarme hélicoptère

Peut-on rejoindre les FAGN directement depuis la vie civile ?

Non directement. La voie classique est d’intégrer d’abord la gendarmerie nationale comme sous-officier via le concours SOG (baccalauréat exigé au concours externe, les 2e et 3e concours étant ouverts sans condition de diplôme), puis de candidater aux FAGN depuis l’intérieur. En revanche, un candidat titulaire d’une licence de pilote professionnel civile peut faire valoir cette qualification lors de sa candidature interne — elle sera prise en compte mais ne dispense pas du passage par la gendarmerie.

 

Quelle est la différence entre un pilote et un mécanicien de bord ?

Le pilote est aux commandes de l’appareil et assure la navigation, la sécurité du vol et la coordination avec les unités au sol. Le mécanicien de bord opère depuis la cabine : il gère les systèmes embarqués (caméras, treuil, radios), guide le pilote lors des manœuvres délicates, prend en charge les victimes lors des secours et assure la liaison avec les équipes terrestres. En mission de secours en montagne, c’est souvent lui qui descend au bout du treuil pour récupérer un blessé.

Quels hélicoptères utilise la gendarmerie nationale ?

La flotte principale comprend l’EC145 (H145) d’Airbus Helicopters, appareil polyvalent le plus répandu, et le nouvel H160, en cours d’introduction progressive pour renouveler une partie de la flotte. L’AS350 Écureuil est utilisé notamment en montagne pour sa maniabilité en haute altitude.

La qualification de pilote obtenue en gendarmerie est-elle reconnue dans l’aviation civile ?

En principe, les licences de pilote obtenues dans un cadre militaire ou para-militaire peuvent faire l’objet de conversions vers des licences civiles de l’EASA (European Union Aviation Safety Agency), sous conditions. Les modalités exactes dépendent du type de licence détenue et de l’ancienneté de vol. Un gendarme pilote souhaitant se reconvertir dans l’aviation civile en fin de carrière doit se renseigner auprès de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC).

Sources

Ministère des Armées – ARRÊTÉ fixant la liste des unités ouvrant droit à l’indemnité pour services aériens

Légifrance – conditions d’attribution de la prime de compétences spécifiques des militaires de la gendarmerie nationale

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